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Le colloque de Montpellier

Le colloque de Paris

Les auteurs vont être prochainement contactés en vue de la mise en œuvre du projet HSLF

MAJ : décembre 2008

© : les auteurs 2005-2008

Contact

L'histoire sociale de la langue berbère en France reste un domaine quasi inexploré ; les travaux portant précisément sur le sujet se comptent sur les doigts de la main. C'est qu'on ne doit pas perdre de vue que les immigrés maghrébins en France ont longtemps été exclusivement des travailleurs. L'immigration familiale est un phénomène qui ne devient significatif qu'à partir des années 1965/1970. De ce fait, l'immigré appartenait avant tout, pour l'Etat français, le patronat et les sciences sociales, au genre Homo œconomicus. C'est d'abord en tant que force de travail se déplaçant entre deux Etats qu'il était appréhendé et étudié. Aussi, si la littérature économique et juridique sur l'immigration maghrébine est abondante, les aspects culturels et surtout linguistiques du phénomène n'ont suscité que peu d'intérêt et de travaux jusqu'à une période très récente. Les choses n'ont commencé à changer qu'à partir des années 1980, quand il est devenu évident que la population immigrée, dans sa grande majorité, s'intégrera en France. Mais là encore, on constate, à quelques très rares exceptions près, que le paramètre berbère ne fait toujours pas recette au sein des sciences sociales françaises consacrées à l'immigration, comme si la pratique linguistique de l'objet social étudié restait sans intérêt ou demeurait un tabou (1).

Notre contribution aura donc pour seule ambition de rappeler le cadre historique et social, de poser un certain nombre de données culturelles et sociolinguistiques globales et de pointer les champs d'investigations qui restent à explorer.

 

1. Le berbère en France :

une présence ancienne et conséquente mais peu visible

C'est la Kabylie qui a fourni les premiers contingents d'émigrés (2) nord-africains. Le mouvement commence après l'écrasement de l'insurrection de 1871 et devient significatif au début du XXe siècle. En fait, depuis longtemps, la Kabylie connaissait un équilibre économico-démographique précaire. Comme presque toutes les zones berbérophones, elle comptait une population dense qu'une agriculture de montagne pauvre ne parvenait pas à nourrir. La colonisation française, en détruisant les bases de l'économie traditionnelle, a définitivement déséquilibré le système. Le surpeuplement, les séquestres fonciers de 1871, l'effondrement de l'artisanat, tout poussait les Kabyles à aller chercher leur subsistance hors de leur région. Les enrôlements assez nombreux dans l'armée française ("Turcos", "Zouaves" et autres "Spahis"…) et l'implantation précoce de l'Ecole française en Kabylie accentuent la mobilité et ouvrent de nouveaux horizons à une population talonnée par le problème de sa survie.

En 1914, on compte déjà 13.000 Algériens en France, dont plus de 10.000 sont originaires de Kabylie. Le patronat français est d'ailleurs très vite demandeur de cette main-d'oeuvre docile et acharnée au travail ; en 1906-7, on fera venir des ouvriers kabyles pour briser les grèves des ouvriers italiens dans les huileries et savonneries de Marseille (Lopez & Temime 1990 : 154). La première guerre mondiale, par la mobilisation et la réquisition de travailleurs, va accentuer cette mobilité et l'étendre à tout le territoire algérien : durant la période 1914 - 1918, 240.000 Algériens sont mobilisés ou requis en France. Aussi, après 1920, l'émigration algérienne sera-t-elle plus diversifiée dans son origine et moins nettement kabyle.

Elle atteint 212.000 personnes en 1954, dont une bonne moitié est kabyle : on avance à cette date le chiffre de 120.000 Kabyles en France (Montagne 1953, Michel 1956). Après l'indépendance, le mouvement migratoire va s'accélérer ; de ± 350.000 personnes en 1961, on atteint ± 950.000 en 1975, après les décisions algérienne (1973) et française (1974) d'arrêter l'émigration-immigration. La population algérienne semble avoir sensiblement baissé ces dernières années puisque les sources officielles françaises l'évaluent maintenant à un peu plus de 750.000 personnes. Mais il ne s'agit là bien évidemment que des Algériens répertoriés comme étrangers résidents réguliers par le Ministère de l'Intérieur ; il est clair que le code de la nationalité française relativement libéral explique largement cette diminution : l'acquisition massive de la nationalité et le "droit du sol" (les enfants nés en France après 1963 sont quasi-automatiquement français) diluent la population d'origine algérienne dans la population globale.

Après l'indépendance (1962), l'émigration algérienne devient de moins en moins kabyle. Les Kabyles ont continué à quitter la Kabylie, mais plutôt pour aller s'installer dans les grandes villes du pays, à Alger surtout. La Kabylie est relayée dans le flux vers l'extérieur par une autre région berbérophone, même si le mouvement a moins d'ampleur, les Aurès, qui fournissent une part appréciable des nouveaux émigrés après 1962.

Aux immigrés "classiques", répertoriés par le ministère de l'intérieur français en tant qu'étrangers résidants, il faut donc ajouter les très nombreux Kabyles de nationalité française : vieilles familles "indigènes naturalisées" (3), fonctionnaires ayant opté pour la France après 1962, une proportion difficile à évaluer de Harkis (4), naturalisés et « réintégrés » (5) et enfin la quasi totalité des enfants nés en France.

Au Maroc aussi, les régions berbérophones sont des foyers anciens et importants d'émigration, en particulier le Sous (arrière-pays d'Agadir), le Rif et la province "Orientale". Là aussi, le mouvement migratoire prend appui sur une tradition antérieure de mobilité et devient massif avec l'impact de la colonisation. L'émigration marocaine se fait d'abord en direction de l'Algérie (Oranie) : en 1940, on compte 40 à 50.000 Marocains en Algérie. Ce sont les Chleuhs du Sous qui vont « traverser la mer » et initier le mouvement de départs vers la France. Le phénomène démarre à partir de 1945, mais reste faible jusqu'à l'indépendance (1956). Il s'accélère très rapidement après 1960 pour atteindre 420.000 personnes en 1981 et 522.504 en 2002 (Source : INSEE) ; en précisant que, là aussi, il ne s'agit que des étrangers résidants nés au Maroc, à l'exclusion des enfants nés en France et des naturalisés. Il est probable que le chiffre des personnes d'origine marocaine vivant en France doit être très fortement relevé, voire même doublé, et pourrait avoisiner le million de personnes (750.000 est certainement un seuil minimum).

Bien que dans la dernière période, l'émigration se soit, comme en Algérie, étendue à tout le territoire marocain, avec une forte proportion de néo-urbains et d'originaires des plaines arabophones, les régions berbérophones ont continué à fournir une part considérable de ce flux (probablement plus de la moitié). Cette émigration d'origine marocaine s'est en majorité installée en France (Ile-de-France et Nord surtout), mais aussi en Belgique, aux Pays-Bas (où ils sont majoritaires) et en Allemagne.

Il existe aussi bien sûr des berbérophones issus d'autres pays (Tunisie, Libye et pays du Sahel), mais leur nombre reste peu significatif (de quelques centaines à quelques milliers de personnes).

En définitive, on peut raisonnablement estimer la proportion de berbérophones à 35 % de l'ensemble de la population originaire d'Afrique du Nord établie en France (quel que soit son statut juridique). Si l'on retient une fourchette de 4 à 5 millions de personnes d'origine maghrébine, on aboutit à un total de 1,5 à 2 millions de berbérophones en France.

L'estimation proposée reste hypothétique (6) mais elle est compatible à la fois avec ce que l'on sait du phénomène migratoire maghrébin et avec les chiffres de la population berbérophone dans les deux pays concernés (20 à 25 % en Algérie ; 40 à 45 % au Maroc).

 

2. Le berbère en France : maintien, transmission et développement, une situation complexe et incertaine

Les « âges anciens » : une configuration favorable au maintien de la langue.

Jusqu'à la fin des années 60, les Maghrébins en France sont, dans leur immense majorité (7), restés une population d'émigrés, c'est-à-dire de gens tournés vers le pays d'origine et vivant leur condition comme transitoire. Pendant longtemps, l'émigration a été la délégation d'un membre de la famille, du groupe, voulue et vécue comme temporaire. Le travailleur maghrébin en France restait profondément attaché à son pays où il rentrait régulièrement, où il avait laissé sa famille, sa femme, ses enfants... De plus, cette émigration, au départ très rurale, se regroupe par famille, par village, par tribu et région (Cf. Slimani-Dirèche 1997). S'agrégeant autour d'une "tête de pont" - un parent plus ancien en émigration, un café-hôtel-garni tenu par un "pays", véritable havre en terre étrangère -, tous les Maghrébins ont eu tendance à reproduire et à renforcer leurs particularités régionales, culturelles et linguistiques. Isolement, hermétisme, marginalité socio-économique et topographique font de ces groupes des isolats linguistiques et culturels en terre française (Cf. Bouguessa 1981 : 52).

Le mode d'insertion des Maghrébins dans le pays d'accueil interdisait généralement toute assimilation et renforçait les solidarités et fidélités familiales, villageoises et régionales. On aboutit alors à une fixation, à une crispation sur un certain nombre de signes qui se trouvent investis de fortes valeurs symboliques : marques extérieures d'identification, vêtement, langue. Les communautés maghrébines en France ont longtemps vu « leurs traditions culturelles revivifiées par l'exil » (Ath-Messaoud et Gillette 1976 : 36, 103). L'apprentissage du français était réduit au strict minimum et la langue de communication interne du groupe demeure la langue d'origine (sous réserve d'un rapport spécifique à la langue arabe ; voir ci-dessous). Devenir francophone de manière prédominante était une pente dangereuse pour l'émigré car elle impliquait un risque de distanciation d'avec le pays et la culture d'origine. Le niveau de maîtrise du français était même bien souvent le stigmate le plus flagrant de la rupture et de l'assimilation, si l'on met à part le cas des intellectuels. Ce schéma était vérifié pour les âges anciens de l'immigration. Il peut encore rester valable pour une minorité de travailleurs isolés (âgés).

Et le développement sensible après 1965/70 de l'émigration familiale a pu avoir, dans un premier temps, un effet de renforcement sur cette tendance dans la mesure où les femmes, le plus souvent directement issues du milieu rural, arrivaient en France en étant strictement monolingues.

 

La France, terreau de prise de conscience politique et identitaire :

un effet de la présence ancienne d'élites

Il a existé pendant les deux premiers tiers du XXe siècle un ensemble de données structurelles (démographiques, socio-économiques et culturelles) qui a joué un rôle essentiel dans le maintien des langues d'origine des immigrés maghrébins, dont le berbère. Surexploitation, marginalisation, repli sur les valeurs culturelles et linguistiques spécifiques impliquent, pour peu que les circonstances s'y prêtent, prise de conscience identitaire et nationale.

Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que l'émigration berbère en France ait été un terrain particulièrement favorable au développement du nationalisme (algérien) de 1920 à 1962 d'abord, et, en même temps, à l'affirmation culturelle et politique berbère (kabyle).

Les organisations radicales du nationalisme algérien sont toutes nées en émigration, avec une implantation et un encadrement kabyles prédominants ("Etoile Nord-Africaine" : Paris, 1926 ; "Parti du Peuple Algérien" : Paris, 1937).

On soulignera à ce sujet que le contexte d'émergence nationaliste a souvent été un facteur favorable à l'apprentissage de l'arabe (classique et dialectal) par les militants berbérophones : on peut même parler d'un "bilinguisme patriotique", la maîtrise de la langue arabe étant alors souvent considérée comme la marque de l'engagement politique nationaliste. Dans la période 1930 - 1962, de nombreux Kabyles ont donc appris l'arabe en France, au contact de leurs compatriotes arabophones, pourtant alors minoritaires !

Quant à la revendication culturelle berbère, l'une de ses principales bases sociales et logistiques a été, à partir des années 1940, l'immigration kabyle en France. C'est d'abord et surtout en France que s'est produite la première formulation politique explicite d'une affirmation identitaire berbère, lors de la fameuse "crise berbériste" de 1948/9 qui a secoué le courant nationaliste algérien, à forte composante kabyle (Cf. Carlier 1986 ; Ouerdane 1990 ; Chaker 1998, chap. 4).

Après une longue interruption due à la guerre d'indépendance, le processus de prise en charge et de défense de la langue et de la culture berbères est relancé à partir de 1965, en Algérie même, mais surtout en France. La situation d'exclusion quasi totale et de forte répression anti-berbère en Algérie a eu pour conséquence directe le déplacement massif de l'activité berbérisante algérienne vers Paris.

Au-delà des données démographiques, socio-économiques et culturelles évoquées précédemment, l'émergence et l'ancrage ancien et durable en France de la conscience politique et identitaire, qu'elle soit nationaliste algérienne ou berbère, résulte aussi de la présence précoce et permanente parmi ces berbérophones d'élites diversifiées : artistes, populaires ou de haut vol, relais intellectuels divers (étudiants, cadres politiques, fonctionnaires divers, hommes de lettres).

Toute cette "effervescence berbère" en France est peu documentée ; pourtant elle a eu un impact décisif sur la conception et la consolidation de la revendication culturelle et linguistique berbère, dans ses aspects idéologiques et politiques bien sûr, mais aussi dans ses volets culturel et linguistique. Plusieurs champs importants restent à explorer, à documenter précisément et à analyser, au niveau des faits et contextes précis, des acteurs, des productions et contenus, de leurs impacts :

 

 

 

 

Les « âges récents » : les effets contradictoires de l'émigration familiale et de la stabilisation.

Une transmission « naturelle » problématique

Les mutations que l'on décèle depuis une trentaine d'années sont liées à ce qui est convenu d'appeler la "seconde génération" (9). Chez les jeunes d'origine berbère nés en France, la fidélité à la langue semble moins marquée. Tendanciellement, même s'il s'agit d'une évolution sur la longue durée, la situation d'émigration n'est pas favorable au maintien de la pratique du berbère. Plusieurs enquêtes et travaux récents (10) confirment que le berbère se transmet moins bien dans les famille que l'arabe dialectal. Sans doute, en raison de déterminations diverses mais convergentes dans leurs effets :

C'est en fait très souvent un acte militant qui conduit le berbérophone (jeune et moins jeune) de France à continuer à pratiquer sa langue et à la transmettre. Ce qui signifie aussi que le contexte français est, paradoxalement, favorable à l'émergence de la conscience identitaire. Le paradoxe n'est qu'apparent : c'est sans doute la perception du risque de disparition linguistique qui induit l'éveil identitaire. D'autant que dans la société française, fortement marquée par le racisme anti-arabe, la référence berbère a une nette fonction de démarquage. Dans l'opinion et la culture occidentale et surtout française, le Berbère a une image plus positive que l'Arabe. Cette donnée joue un rôle non négligeable au niveau de la "seconde génération", tout particulièrement chez les filles pour lesquelles l'identité berbère est à la fois une marque d'authenticité valorisée et valorisable et en même temps un moyen de distanciation par rapport à l'arabo-islamisme généralement perçu et vécu comme facteur d'oppression de la femme.

 

La « demande de berbère » : un indice quantifiable :

l'épreuve de berbère au BAC

Le berbère a toujours figuré sur la liste des nombreuses langues donnant lieu à épreuve facultative orale. En 1978 et 1979, pour les trois académies d'Ile-de-France, 30 et 40 candidats ont subi cette épreuve. En 1987, leur nombre était de 544 et, à partir de 1992, il dépassait le cap du millier ! A l'échelle nationale, le berbère était la langue la plus demandée pour cet oral facultatif, après les langues régionales de France.

Depuis la session 1995 du Baccalauréat, les épreuves facultatives de langues "rares" sont passées à l'écrit. L'INALCO a, par convention, la responsabilité de l'élaboration des sujets et de la correction des copies. Pour l'instant, trois dialectes sont proposés aux candidats : le kabyle, le tachelhit et le rifain. La première session de 1995 a été une véritable surprise puisque, contrairement à toutes nos prévisions qui tablaient sur un effondrement des effectifs, ce sont 1.534 candidats qui ont subi l'épreuve, dans toutes les académies de France métropolitaine (avec une écrasante majorité pour la région parisienne et, par ordre d'importance, Aix-Marseille, Lille, Lyon, St. Etienne). En 2001, plus de 1.800 candidats ont présenté l'épreuve ; depuis 2004, ils sont plus de 2.200.

Jusqu'en 1998, avec quelques fluctuations selon les années, la répartition entre les dialectes a été conforme à ce que l'on pouvait attendre : une nette majorité pour le kabyle (autour de 60%), 40% pour les deux dialectes marocains - avec une percée surprenante pour le rifain dès son introduction. Puis, progressivement, l'équilibre entre les dialectes à évolué en faveur du Maroc, jusqu'à un véritable renversement de tendances : l'ensemble chleuh + rifain représente désormais environ 65 % des copies (en 2004 : chleuh = 40 %, rifain = 25 %, kabyle = 35 %).

Ces données quantitatives sont particulièrement intéressantes au plan sociolinguistique car elles manifestent un fort attachement des jeunes berbérophones de France à leur langue. On peut même considérer qu'il s'agit d'une adhésion militante puisque les difficultés inhérentes à l'écrit, auxquelles l'écrasante majorité d'entre eux n'est pas préparée dans le cadre scolaire, ne les dissuadent de s'inscrire et de présenter cette épreuve.

On dispose en tout état de cause là d'un échantillon de population représentatif qui mériterait de faire l'objet d'enquêtes approfondies, quant aux parcours et aux motivations.

 

L'institution publique française et le berbère :

frémissements et incertitudes

Sur ce terrain, la situation est contrastée et encore incertaine, même si des évolutions se dessinent ou sont en cours.

D'une part donc, du côté des populations berbères de France, une présence sociale et culturelle berbère forte, ainsi qu'une demande significative et stabilisée, dont témoigne l'ampleur du succès des épreuves de langue berbère au Baccalauréat.

D'autre part, du côté des autorités françaises, une ouverture symbolique importante, celle qui tend depuis 1999 à reconnaître au berbère le statut de « langue de France » ; même si, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires n'ayant pas été ratifiée, cette notion n'a aucune valeur juridique, elle est néanmoins politiquement significative : un Gouvernement de la République a pour la première fois expressément reconnu que le berbère « faisait partie du patrimoine linguistique de la France », et cette approche nouvelle n'a pas été remise en cause par la majorité de Droite arrivée aux affaires après les élections législatives de 2002.

Attitude favorable dont témoigne également le discours des grands courants politiques français, de Gauche comme de Droite, et les annonces réitérées d'enseignement du berbère dans le Secondaire. Mais en même temps, une grande hésitation à prendre des mesures concrètes en faveur du berbère, malgré les annonces récurrentes (11) depuis 2002.

En un mot, on dira que le rapport de la classe politique française au « dossier berbère » reste contradictoire et hésitant ; mais il est vrai que le terrain est difficile au plan de la politique intérieure comme à celui de la politique étrangère (Cf. Chaker 2004).

Néanmoins, la considération d'un certain nombre de signaux et indices depuis 1999 permet de penser que le contexte évolue tout doucement en faveur du berbère qui pourrait rapidement voir sa position se renforcer dans le système éducatif français (12).

 

 

Notes

 

Orientation bibliographique

 

 

 

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Présentation du projet d'Histoire Sociale des Langues de France (HSLF)

 

L'architecture du projet HSLF

 

Le Comité Scientifique HSLF

 

Pierre Encrevé : Les droits linguistiques de l'homme et du citoyen

 

Séminaire à Paris-Sorbonne : intervention de Georg Kremnitz

 

Le projet HSLF : la phase concrète

 

Les langues de France au Salon Expolangues 2008

 

Les langues de France : Vitalité sociolinguistique et dynamiques culturelles

 

Les Actes du colloque de Montpellier

 

Le colloque de Paris-INALCO : les résumés

 

Georg Kremnitz : Le projet d'une Histoire Sociale des Langues de France : Présentation et questions de méthode

 

Gabriel Bergounioux : Histoire sociale de la linguistique, histoire de la linguistique sociale

 

Henri Boyer : Le sociolinguiste peut-il / doit-il être neutre ?

 

Marie-Christine Hazaël-Massieux : Un peu d'histoire pour comprendre structures et statuts des créoles français

 

Salem Chaker : Pour une histoire sociale du berbère en France

 

Fañch Broudic : La pratique du breton de l'Ancien Régime à nos jours : méthodologie, résultats, perpsectives

 

Jean-Michel Eloy : Permanence et résurgences des langues d'oïl contre la langue du pouvoir : quel sens social ?

 

Michel Bert : Occitan et franco-provençal dans le Massif du Pila

 

Jean-Baptiste Martin : Le laboratoire franco-provençal

 

Francis Favereau : Bref état des lieux aux confins de l'histoire sociale du breton

 

Le débat : Méthodologie et objectifs

 

Pour contacter le Comité Scientifique HSLF